Hunger Games - la ballade du serpent et de l'oiseau chanteur

15/06/2020

Résumé :

C'est le matin de la Moisson qui doit ouvrir la 10ème édition annuelle des Hunger Games. Au Capitole, Coriolanus Snow, 18 ans, se prépare à devenir pour la première fois mentor aux Jeux. L'avenir de la maison Snow, qui a connu des jours meilleurs, est désormais suspendu aux maigres chances de Coriolanus. Il devra faire preuve de charme, d'astuce et d'inventivité pour faire gagner sa candidate.

Mais le sort s'acharne. Honte suprême, on lui a confié le plus misérable des tributs : une fille du district Douze. Leurs destins sont désormais liés. Chaque décision peut les conduire à la réussite ou à l'échec, au triomphe ou à la ruine.

Dans l'arène, ce sera un combat à mort.

Pour assouvir son ambition, Coriolanus parviendra-t-il à réprimer l'affection grandissante qu'il ressent pour sa candidate, condamnée d'avance ?


Par où commencer ? Je suis une grande fan de la trilogie Hunger Games qui est d'ailleurs la seule que j'ai relue plusieurs fois. Alors quand j'ai appris qu'un nouveau livre sur les Hunger Games sortait, je l'ai précommandé dès que possible et l'ai attendu tous les jours. J'avais tellement hâte de me replonger dans cet univers qui m'avait tant fascinée, touchée, révoltée, dévastée, cet univers qui m'avait apporté tant de choses.  Au début je comptais relire les autres avant de me lancer dans la lecture de celui-ci mais je ne les ai pas avec moi et à cause du Covid je ne sais pas quand je pourrai les récupérer. Au bout d'une semaine je ne pouvais plus attendre, je me suis lancée, et j'aurai voulu que cela ne s'arrête pas. J'ai essayé de faire durer cette lecture dont je n'aurai fait qu'une bouchée, et finalement je l'ai lue en 3 jours. 3 jours pour 3 parties. 3 parties pour 3 moments clés de la vie de Snow : le Mentor, le Prix, le Pacificateur. J'essaierai de na pas trop spoil mais bon, ça va être compliqué de se retenir  parce-que j'ai envie, j'ai BESOIN de parler de ce livre, alors... Attention risque de spoilers ! 

Tout d'abord, j'ai adoré l'écriture. J'aime vraiment la plume de Suzanne Collins, elle raconte les choses de façon simple et fluide. Le lecteur ne se sent jamais perdu, il avance pas à pas avec son protagoniste et découvre les choses en même temps que lui. Elle sait amener l'histoire de façon à ce que le lecteur en veuille toujours plus mais ne se sente jamais exclu de celle-ci, de façon à ce qu'il ne lui manque jamais rien, qu'il soit toujours intéressé du début à la fin, jusqu'à la dernière phrase.

On découvre à travers ce préquel ce que sont vraiment les Hunger Games, ce qu'ils ont été à leurs débuts, d'où ils viennent, pourquoi ont-ils été créés, par qui, comment, comment en est-on arrivé à ce qu'on connaît déjà avec la 74ème édition et la découverte de Katniss Everdeen. 

On apprend qu'à leurs débuts, les Hunger Games n'étaient vraiment pas populaires, qu'ils étaient appréciés d'assez peu de gens et que peu de monde les suivaient (faute de TV, d’électricité ou simplement d'intérêt). Hé oui, au début les Hunger Games se passaient dans une arène ravagée par la guerre, au sein même du Capitole, qui était en fait un genre de stade où se tenaient des rencontres sportives ou des spectacles avant la guerre. Loin de l'arène en horloge totalement créée par le Capitole que nous connaissons... 

Quant aux tributs, ce ne sont pas les stars que nous connaissons aux 74ème Hunger Games, loin de là. Ce ne sont que de malheureux enfants, même si les districts Un et Deux avaient plus de chance de remporter la victoire, eux aussi n'avaient pas le choix et n'étaient certainement pas volontaires. Et à partir du moment où ils avaient été choisis (enfin, c'était quand même sensé être aléatoire, comprendront ceux qui l'auront lu), ils ne devenaient que des bêtes de foire, des animaux. Transportés jusqu'au Capitole dans des trains de marchandises, dans des wagons à bétail, parqués dans la cage aux singes d'un zoo du Capitole lui aussi dévasté par la guerre, mal nourris voire pas du tout, puis jetés dans l'arène  quelques jours après pour s'entre-tuer, jusqu'à ce que le vainqueur soit simplement renvoyé chez lui, ni plus ni moins que cela. On ne manque pas de scènes troublantes et choquantes, pour nous montrer comme les tributs sont réduits à l'état d'animaux sauvages.

Avec cette 10ème édition des Hunger Games on assiste à la mise en place des mentors, de jeunes gens de 18 ans choisis dans la prestigieuse Académie du Capitole. Leur rôle n'est pour l'instant pas très important et se cantonne à présenter les tributs lors d'une interview rediffusée dans tout Panem, jusqu'à ce que Coriolanus introduise l'idée des sponsors. Idée retenue tout de suite et appliquée à ces Hunger Games. On s’aperçoit vite que la technologie n'est pas non plus celle que nous connaissons avec Katniss. Quand dans l'arène, des drones sont envoyés déposer de simples bouteilles d'eau, et que ces bouteilles sont lâchées à terre et se renversent, qu'il est possible de les pirater...

On apprend assez vite, dès le début, que la pauvreté ne se limite pas aux districts à cette époque. Non, non. Elle a atteint le Capitole. Et la guerre fut compliquée aussi pour ses habitants, certains sont morts aux combats, d'autres d'attaques, de bombes, beaucoup sont morts de faim, certains ont été poussés au cannibalisme... Moi qui m'imaginais que le Capitole avait toujours été riche, bien que la guerre soit difficile pour tout le monde, je ne m'attendais vraiment pas à cela. On s'aperçoit vite que la prestigieuse famille Snow, ne l'est plus, et que tout se joue sur les apparences, sur celle de Coriolanus en particulier.

Mais venons-en au personnage principal de ce préquel : Coriolanus. Que dire...? Je détestais tellement ce personnage avant d'ouvrir ce livre, il était ce président détestable qui punissait les districts avec ses Hunger Games, qui menaçait Katniss et sa famille, qui lui en voulait tant, qui éteignait les rébellions à coup de massacres... Aujourd'hui, je ne sais plus. Je n'aime pas la façon dont il a vieilli, mais il a été jeune, et quand il l'était, il était innocent. Certes, il aimait le Capitole et respectait presque chacune de ses décisions, mais il n'était pas celui que nous connaissons, celui qu'il devient au fur et à mesure que nous tournons les pages de ce livre. Ici nous découvrons un Coriolanus plein de courage, de dignité, et surtout, un Snow aimant, qui a un cœur. Mais il devient ce Snow qui augmente l'intérêt des Hunger Games, celui qui inventera le Village des Vainqueurs, celui qui aura l'idée de gâter un district tout entier pour pousser la population à s'intéresser aux Hunger Games. Celui qui décidera de se marier avec une femme qu'il déteste pour qu'il lui soit impossible de lui faire tourner la tête... On observe son évolution, comment petit à petit il devient ce qu'il est, celui que nous connaissons. Et on aura beau le détester pendant les 74ème Hunger Games et ce qui suit, je pense qu'on ne peut s'empêcher de comprendre ce qui l'a amené à devenir ainsi, de ressentir de la peine pour lui, peut-être même de la tristesse...

Abordons le personnage de Lucy Gray, la tribut dont Coriolanus est le mentor lors des Hunger Games. J'ai également beaucoup aimé ce personnage, et en même temps, pas tellement, je ne saurai pas vous l'expliquer. Elle est différente de Katniss et en même temps j'ai trouvé qu'elles se ressemblaient, notamment dans le fait d'être prête à faire ce qu'il faut pour sortir vivante des Jeux, comme j'ai retrouvé un peu de Peeta en Jessup. Lucy est un personnage assez difficile à décrire, je ne saurai pas comment le faire. Mais je peux vous dire que c'est une chanteuse remarquable, ses chansons m'auront fait frissoner du début à la fin, et m'auront presque arraché des larmes... Je ne vous en dirai pas plus sur Lucy, mais c'est un personnage ... assez spécial !

Parlons un peu de toutes ces références, toutes ces choses que nous comprenons, toutes ces découvertes... Ce livre commence si bien ! Plus vous tournez les pages, plus vous comprenez certaines choses, plus ou moins importantes, parfois de simples détails. Comme par exemple cette obsession que semble avoir Snow pour les roses. Ou le fait que la famille Flickerman a toujours travaillé pour la TV au Capitole puisque le présentateur météo, un Flickerman, se retrouve pour la première fois à commenter les jeux. On comprend donc pourquoi c'est Caesar qui commente les jeux de Katniss. La mort de Jessup m'a aussi rappelé la mort de Rue, lorsque Lucy l'encourage à fermer les yeux, à dormir et à rêver... D'ailleurs, le mentor de Jessup aura peut-être été l'une des plus honnêtes en avouant qu'elle s'y était attachée comme à un humain, elle a donné l'impression d'être fière de lui, de tenir à lui, en disant qu'il était certainement mort pour la protéger, comme un humain l'aurait fait et non pas comme un chien fidèle envers sa maîtresse comme cela a pu être suggéré. On comprend aussi d'où viennent pas mal de chansons, comme celle de l'arbre du pendu par exemple, puisque Lucy en chante beaucoup. Même les Katniss, les patates des marais sont abordées... Tant de références, tant de choses...

Bon... Je vais m'arrêter là même si j'aurai certainement encore un millier de choses à dire sur ce chef-d'oeuvre, car oui, vous l'aurez compris, c'est un coup de cœur. Me replonger dans l'univers des Hunger Games, en apprendre plus, découvrir Snow, qui il a été et pourquoi est-il devenu celui qu'on connaît... J'ai adoré ma lecture, vraiment. J'espère que ceux qui n'ont pas encore lu ce livre, ou même les Hunger Games s'y mettront vite car il est inenvisageable pour moi de passer à côté de ce chef-doeuvre. 

Le spectacle n'est pas fini tant que le geai moqueur n'as pas chanté.

La neige se pose toujours au sommet.

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